L’avant-dernier favori de la course, Paul Seixas, a vu ses espoirs sur le Tour d’Auvergne-Rhône-Alpes prendre un coup dur, mais pas final, l’avant-dernier jour, alors qu’une chute précoce l’a laissé dans une énorme poursuite et une grosse bagarre au sommet du Grand Colombier.
Le Français de 19 ans a enflammé le monde cette saison et devrait remporter l’ancien Critérium du Dauphiné en route pour défier Thaddeus Pogachar et Jonas Wingegore lors de ses débuts sur le Tour de France.
Mais son élan fulgurant s’est brusquement arrêté samedi lorsqu’il s’est écrasé à seulement 30 km de l’étape 7, la deuxième des trois grandes étapes de montagne. Ce qui suivit fut remarquable.
Reprenant environ quatre minutes d’avance, Seixas a réussi à réduire progressivement cet énorme écart avec le peloton rapide sur les longs 60 km, non sans un travail brillant de la part de son équipe.
Malade avec du sang visible sur ses bras, ses jambes et son maillot, Seixas s’est traîné jusqu’à la montée finale, perdant le contrôle très tôt mais ne s’échappant jamais et limitant les dégâts à 1:21 sur le vainqueur de l’étape Isaac del Toro, qu’il traîne avec un total de 1:05 avec une étape restante.
Le crash et la longue poursuite
L’accident s’est produit peu de temps après la neutralisation de la course, lorsqu’on lui a ordonné de ralentir en raison de graviers dans la descente vers la Côte de Saint-Maurice-de-Rothere. Seixas a semblé s’écraser peu après le redémarrage, au kilomètre 38, bien que l’incident n’ait pas été filmé par les caméras de télévision.
Seixas a été photographié blessé, allongé sur un talus herbeux au bord de la route, soigné par un médecin de course. Il a ensuite été vu avec des coupures à la jambe gauche et à la main.
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Selon une information de l’organisation de la course, Seixas “a mis un certain temps avant de reprendre la course”, lui laissant environ quatre minutes avant de reprendre de la vitesse.
Il a d’abord dû courir seul jusqu’à ce que ses coéquipiers commencent à reculer pour l’aider, d’abord Stefan Bisegger puis Daan Hull. Leur poursuite n’a pas été facilitée par le fait qu’aucune échappée ne s’était encore formée et que les attaques arrivaient toujours à un rythme rapide depuis l’avant du peloton.
Au moment où le peloton atteint le pied de la première montée du Grand Colombier à 65 km de l’arrivée, Seixas et ses coéquipiers avaient réduit l’arriéré à 2h40. Dans la montée proprement dite, Aurélien Paret-Pentre et Nicolas Prodhom descendent derrière Houl et Bisséger.
Le plan a fonctionné et, remarquablement, Seixas a réduit l’écart à moins d’une minute avant le sommet, trouvant compagnie auprès de certains des noms du GC qui avaient abandonné le groupe.
Après une courte descente dans la vallée, c’est un tronçon jusqu’au Col de Richmond, où Seixas retrouve un autre coéquipier, le jeune Leo Biciaus. Il a finalement rejoint le peloton après un sprint intermédiaire à La Canée avec un peu moins de 40 km à parcourir.
Combativité sur le Grand Colombier
L’avant-dernière ascension du Col de Richmond s’est déroulée sans incident, mais Seixas s’est vite retrouvé en difficulté dans la montée finale du Grand Colombier, cette fois du côté le plus dur. Mais une fois de plus, de manière remarquable, il s’est enfoncé et a refusé de jeter l’éponge.
Il s’est accroché au départ d’un groupe de 20 de ses principaux rivaux, ne perdant qu’un terrain significatif lorsque Juan Ayuso a ouvert l’attaque à 6,7 km de l’arrivée. Seixas disposait encore de quelques kilomètres pour s’appuyer sur son équipier Bissiau, limitant les pertes alors que la plupart de ses rivaux disparaissaient.
Bissau s’est écarté à 5 km du sommet et à partir de là, Seixas a effectué un retour en force, pédalant pour laisser le maillot jaune à Luke Tuckwell (Red Bull-Bora-Hansgrohe). Enfermé dans la roue de Matthias Skjelmose (Liddle-Track), il a gravi la montagne presque seul et a reculé un peu jusqu’aux deux cents derniers mètres de la montée raide où il a recommencé à s’effacer.
Seixas a terminé septième de la journée, à 1:21 de Del Toro, à moins d’une minute du deuxième Juan Ayuso (Lidl-Trek) et à 40 secondes de Matteo Jorgenson (Wisma-Rent Bike), Tobias Haaland Johannessen (Uno-X) et Cian Uijtdebroeks (Movistar).
Au général, à une étape de la fin, Seixas est sixième, à 1h54 de Tuckwell, 1h12 de Jorgenson et 1h05 de Del Toro. S’il parvient à récupérer du jour au lendemain avant la finale courte mais monstre de dimanche, une victoire pas totalement hors de question serait l’une des plus extraordinaires que cette course ait jamais connue.
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